Récit du trekking à travers les Volcans d’Auvergne du 13 au 16 juin 2018, par A Caen La Forme

Jour 1 : du lac Pavin au Mont-Dore par le Puy de Sancy. 16km, 1000 m D+

La brume s’était installée au fond du cratère au cours de la soirée. Les eaux limpides et profondes du lac Pavin ne se distinguaient plus du ciel. Notre première nuit dans l’hôtel, situé sur les rives de ce lac parfaitement rond, a été bercée par la tranquillité nocturne de ce lieu fascinant. C’est une bonne chose, puisque la journée qui nous attendait le lendemain était sans doute la plus ardue du trek, avec comme difficulté majeure l’ascension du Puy de Sancy, point culminant du Massif Central (1886m).

La brume descend doucement dans le cratère du Pavin…

Après s’être ressourcés dans cet écrin de nature préservée, nous sommes partis sur les chemins d’Auvergne pour débuter notre traversée des volcans qui devait nous conduire 4 jours plus tard à Royat, station thermale clermontoise.

Sous le Puy de Chambourguet, il fait déjà chaud

Il faisait déjà chaud en cette matinée du mardi 13 juin, et l’ascension du Puy de Sancy en a été que plus dure. Heureusement, peu après le Puy de Chambourguet, nous avons rejoint la crête du Puy de la Perdrix qui domine la sublime réserve naturelle de la vallée de Chaudefour, d’où une légère bise ascendante venait refroidir nos organismes en surchauffe.

La Réserve Naturelle de la Vallée de Chaudefour

Certes difficile, cette ascension vaut néanmoins le détour tant le massif du Sancy domine les environs lointains. Le panorama qui s’offre au quidam ayant la bonne idée de grimper au sommet de cette montagne est sublime. Nos yeux se posaient alors sur le massif du Cantal au sud jusqu’à la Chaîne des Puy et le célèbre Puy de Dôme au nord, sur le Forez à l’est et jusqu’au Périgord à l’ouest.

En route vers le sommet du Puy de Sancy

 

L’équipe est bien heureuse une fois là-haut !

Le Puy Redon, la Tour Carré et le Puy de Cliergue sont autant de lieux qui nous donnent l’occasion de s’ébahir devant les beaux paysages auvergnats.

Le Puy de Sancy dans toute sa splendeur

La très authentique auberge des Mancelles nous attendait quelques kilomètres plus bas, dans la célèbre station thermale du Mont-Dore. Un cadre intimiste, une très copieuse potée traditionnelle (probablement la meilleure potée de la vallée selon les dires), et un accueil des plus chaleureux nous ont été proposés dans ce lieu unique. Un cadre idéal pour récupérer de cette longue journée de randonnée.

Depuis la Tour Carrée, la crête s’offre à nous…

Jour 2 : du Mont-Dore à Fonsalive par la Grande Cascade et le Puy de l’Angle. 22km, 900 m D+

Après un petit-déjeuner tout aussi copieux que la potée de la veille – c’est dire ! – nous voilà repartis en direction de la Grande Cascade. Cette dernière est un lieu unique. Le torrent, dont l’eau provient du plateau de la Durbise, juste au dessus, vient sauter une barre rocheuse d’une trentaine de mètres de hauteur. Le lieu est beau, simple, et singulier. La nature nous offre là un spectacle gratuit mais au combien sublime. Cette cascade se laisse approcher, et nous pouvons passer derrière son rideau.

La Grande Cascade

La Grande Cascade derrière nous, le Puy de l’Angle se trouvait alors devant nous…et il fallait grimper sur son sommet, la seule difficulté de la journée. Le vent commençait à se lever à l’approche du sommet, et une fois là-haut, enfiler la veste n’était pas un geste de trop.

La Grande Cascade, encore !

 

La ligne de crête est sublime !

L’enchainement ensuite du Puy de Barbier, du Puy de Monne et de Puy de la Tache est sublime. De part et d’autres les panoramas sont à couper le souffle. Une petite pause pique-nique plus tard, il fallait descendre au col de la Croix Morand, où l’unique café à 10km à la ronde nous a permis de nous abriter suite à l’arrivée soudaine d’un orage localisé.

Le Puy de l’Angle

 

Le Puy de Dôme en ligne de mire…

L’orage passe, et le petit groupe de joyeux randonneurs que nous constituons reprit sa route en direction de Pessade puis de Fontsalive, notre lieu de séjour pour la soirée. Pas de dépaysement pour les Normands – si ce n’est la vue imprenable sur le Puy de Dôme depuis la terrasse du gîte – car c’est bien du cidre qui nous a été servi en guise d’apéritif. Le gîte « le Bonheur dans le Pré » restera un bon souvenir, tant par son cadre idyllique que par son calme reposant.

Le vent s’est levé, les vestes sont de rigueur !

 

En arrivant à Fontsalive, nous ne pouvons qu’admirer ce panorama magnifique sur la chaine des Puys

 

Jour 3 : de Fonsalive à Laschamps par les Puys de la Vache et de Lassolas. 19km, 500 m D+

Le petit-déjeuner avec vue sur la chaine des Puys nous rappelle qu’aujourd’hui, c’est là-bas que nous devons nous rendre. La journée a été plus cool que les deux précédentes. Après avoir slalomé entre une multitude de puys dont le Puy de l’Enfer, le Puy de Vichatel ou encore le Puy de Charmont, la seule difficulté était l’ascension des cratères égueulés des Puys de la Vache et de Lassolas.

Un affleurement permet d’observer les différentes couches de scories, et donc les différentes éruptions

Le panorama au sommet de ces deniers nous permet de visualiser le chemin parcouru jusqu’ici, puisque le Sancy pointe le bout de son sommet là-bas à l’horizon. Il nous permet aussi de juger la distance qu’il nous reste à parcourir pour rejoindre le Puy de Dôme, la dernière difficulté du trek, prévu pour le lendemain. Notre gîte ce soir-là est dominé par l’imposant Puy de Dôme. Nous y dégustons un dernier plat traditionnel auvergnat, la truffade.

Au sommet du Puy de Lassolas, la poussière volcanique est lunaire

 

L’ascension sur le Puy de la Vache

 

Jour 4 : de Laschamps à Royat par le Puy de Dôme. 19km, 550 m D+

Au menu du jour, l’ascension du Puy de Dôme. C’était la seule et unique difficulté de cette dernière journée de notre itinérance à travers l’histoire volcanologique française. Après cette ascension, une longue et progressive descente nous attendait pour rejoindre Royat.

Le Puy de Dôme

L’arrivée dans cette citée thermale clermontoise s’est faite sous le soleil. Il régnait à ce moment un réel sentiment de satisfaction au sein du groupe. Nous voilà ici, 4 jours de marche plus tard, enrichis d’un savoureux mélange de paysages exceptionnels, de silences, d’instants de solitude, de vent dans les oreilles, de souffrances physiques, de bout de chemin sur les crêtes, de pierres volcaniques, et bien-sûr de francs moments de rigolade. Nous avons traversé un petit bout d’Auvergne, du Puy de Sancy au Puy de Dôme.

La rue des Montagnards !